Les concepts "Aiki" et "Butoku" et leurs implications dans l’Aiki Budo et l’Aikido

Hanshi Pierre Chalmagne So Shihan – Hachidan Aikido, certifié DNBK (Japon).

Hirai Minoru, directeur général au Kobukan, est envoyé en Octobre 1942 en tant que représentant par O Sensei Morihei Ueshiba auprès de la Dai Nippon Butoku Kai. Maître Hirai a joué un rôle majeur dans le changement du nom "Aiki Budo" en "Aikido". En juillet 1945, il recevra le titre de Hanshi de la DNBK pour sa contribution au concept "Aiki" dans différents systèmes (1).

Le concept "Aiki" signifie harmonisation, union ou coopération des énergies. L’harmonisation des énergies ne peut se faire qu’avec l’esprit du cercle, qui s’apparente à la philosophie du Kyushindo de Kenshiro Abbe Docho. L’esprit du cercle permet l’évitement des conflits (d’origine physiques ou psychiques) et l’harmonisation des énergies en présences.

L’Aiki Budo et l’Aikido permettent de contrôler un adversaire, sans le blesser. C’est pourquoi nous rangeons ces disciplines dans la famille des "Budo éthiques"(qui ne sont pas nuisibles ni pour soi, ni pour autrui).

Ces disciplines constituent des outils de thérapie de la violence et une méthode complète d’éducation de l’esprit et du corps.

L’Aiki Budo est une voie (Do) de l’arrêt de la violence (Bu) qui permet l’harmonisation des énergies internes et l’union des énergies avec l’autre. Cette discipline induit le respect de l’autre, même s’il est différent, même s’il pense autrement.

L’Aiki Budo enseigne à l’enfant comment se comporter, comment agir, évoluer, créer et développer sa propre sensibilité. Il donne à l’adolescent les clés de la communication harmonieuse et développe sa confiance en lui. Il lui évite de tomber dans le piège de l’agressivité, voire de la violence.

L’Aikido et l’Aiki Budo sont considérés comme des voies de thérapie de la violence. Malheureusement dans beaucoup d’organisations il y a une évolution vers l’aspect purement sportif. On étudie seulement la technique et pas l’esprit des disciplines.

Le respect du Bushido (code d’honneur toujours respecté au Japon) et le respect des vertus martiales (Butoku) ne sont plus suffisamment enseignés et pratiqués. Au Japon, toute philosophie qui n’est pas applicable à la vie quotidienne est considérée comme nulle.

Il est important de pratiquer (dans sa vie quotidienne) les vertus (Toku) martiales (Bu), symbolisées par les 7 plis du Hakama : la bienveillance, l’honneur, la courtoisie, la sagesse, la sincérité, la loyauté et la piété.

Les arts martiaux éthiques - exempts de violence et de compétition - ont comme objectifs de permettre à l’être humain de se perfectionner pour atteindre l’excellence et de donner un sens à sa vie. En respectant les deux principes (Aiki et Butoku) il vivra en paix avec lui même et avec les autres et il respectera les plus hautes valeurs spirituelles.

Les disciplines éthiques forgent le mental et qui focalisent l’énergie des pratiquants sur leur accomplissement dans le respect des autres. Elles induisent l’esprit de coopération et l’esprit de compassion pour les plus faibles. C’est ce que nous enseignons à l’Aiki Buki In Yo Ryu.


(1) Consulter "The Aiki News" – Encyclopedia of Aikido. Stanley A. Pranin. Aiki News. Tokyo, 1991.